Sauver la ville : Casamémoire et le plan de 2021

Dix mille bâtiments recensés, deux mille protégés — et un immeuble qui nous concerne directement.

📑 Sommaire

    Un bâtiment centenaire ne survit pas tout seul. Il tient parce que des gens décident qu'il doit tenir — et, à Casablanca, cette décision a mis du temps à devenir collective.

    1995 : Casamémoire

    L'association Casamémoire naît en 1995, avec un objectif simple à énoncer et difficile à tenir : faire reconnaître comme patrimoine les constructions du XXe siècle — celles-là mêmes que l'on démolissait sans état d'âme parce qu'elles paraissaient trop récentes pour être historiques.

    Deux ans plus tard, en 1997, le musée du judaïsme marocain ouvre dans un ancien orphelinat, sous l'égide de l'ONA. Il reste, à ce jour, une institution singulière dans le monde arabe.

    Ce qui a été sauvé — et ce qui ne l'a pas été

    Les pertes sont réelles. La villa que Marius Boyer avait construite en 1928 pour Raphaël Bénazéraf a disparu ; d'autres bâtiments du centre ont subi le même sort au fil des décennies.

    Des témoins ont pourtant traversé le siècle : la synagogue Ettedgui, dans la vieille ville, a été restaurée ; celle de Benaroch subsiste dans le quartier de la Lusitania ; et les écoles bâties par les frères Suraqui font partie de ce paysage hérité.

    2017-2021 : un plan, enfin

    Une initiative de préservation est lancée en 2017, puis un plan est mis en œuvre en 2021. Les chiffres méritent d'être lus deux fois : sur environ dix mille bâtiments recensés comme relevant du patrimoine moderne, quelque deux mille bénéficient d'une protection.

    Autrement dit : un sur cinq. Pour les autres, tout dépend encore de la vigilance des habitants, des associations et des propriétaires.

    Pourquoi cela nous concerne

    L'Immeuble Assayag appartient exactement à cette catégorie : un édifice du XXe siècle, habité, vivant, dont la valeur ne tient pas seulement à son âge mais à ce qu'il raconte — un commanditaire, un architecte, une ville qui apprenait à monter.

    Documenter, photographier, publier : c'est aussi une manière de protéger. Si vous détenez des archives ou des souvenirs liés au bâtiment, écrivez-nous — chaque pièce versée au dossier compte.

    Source : Jean-Louis Cohen, « Casablanca la juive : Public and Private Architecture 1912-1960 », Quest. Issues in Contemporary Jewish History (Fondazione CDEC).

    Liens utiles

    Alex Bego, L'Immeuble Assayag · Casablanca.

    Photos © 2026 Alex Bego / Immeuble Assayag. Toutes les photographies sont réalisées par nos soins, sauf mention contraire. Utilisation sur autorisation écrite — nous contacter.

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