Presse et reconnaissance

Un joyau Art déco sous les regards

Depuis sa construction, l'Immeuble Assayag occupe une place à part dans le paysage de Casablanca. Ses trois tours Art déco, sa silhouette reconnaissable entre toutes et la signature de Marius Boyer en font un sujet d'étude et d'admiration qui ne se dément pas. Journalistes, chercheurs et photographes s'intéressent régulièrement à ce témoin remarquable du patrimoine architectural marocain — à ses grandes verrières inondant de lumière les cages d'escalier, à ses terrasses ouvertes sur la ville, à ses lignes et à ses courbes si caractéristiques.

Cet intérêt tient aussi à la nature même du lieu : l'Assayag n'est pas un monument figé, mais une résidence habitée et vivante, où se déroulent expositions, tournages et événements culturels. Près d'un siècle après sa construction, l'immeuble continue d'écrire son histoire.

Ce qu'en disent la critique et la recherche

Les extraits ci-dessous sont cités d'après les publications d'origine, chacune accessible en un clic. Ils ne prétendent pas à l'exhaustivité : ce sont les jalons que nous avons pu vérifier nous-mêmes, source en main.

« Un des premiers immeubles au monde » à prévoir un parking souterrain

Invité par Médias24 à guider une promenade dans le Casablanca moderne, l'architecte Rachid Andaloussi — membre fondateur de Casamémoire, qu'il a présidée de 1998 à 2003 puis de 2012 à 2019 — ouvre son parcours par l'Assayag :

« Si l'on doit parler de l'architecture de Casablanca, il faut évoquer l'immeuble Assayag, sur le boulevard Hassan Seghir. […] c'est un des premiers immeubles au monde qui, dans sa conception, a prévu un sous-sol pour un parking de voitures, alors qu'à Casablanca, à cette époque, il n'y avait que quelques dizaines de voitures en circulation. »

« Visite guidée. Le Casablanca de… Rachid Andaloussi », propos recueillis par Hayat Gharbaoui, Médias24, 4 février 2022.

Dans le même entretien, il rattache le bâtiment « aux codes de l'école du Bauhaus » et compare sa composition — ce qu'il nomme une architecture d'additionnement, qui additionne les volumes et les gabarits — à celle de Louis Kahn.

« Il n'aurait pas été toléré à Paris »

L'historien de l'architecture Jean-Louis Cohen consacre à l'immeuble un passage de son étude sur l'architecture juive de Casablanca, parue dans la revue universitaire Quest. Issues in Contemporary Jewish History :

“Even more daring is the Moses Asayag building, sponsored by another Jew from northern Morocco (1930-1932). With its ten floors, it would not have been tolerated in Paris at the time.”

« Plus audacieux encore est l'immeuble Moses Assayag, financé par un autre juif du nord du Maroc (1930-1932). Avec ses dix niveaux, il n'aurait pas été toléré à Paris à l'époque. »

Jean-Louis Cohen, « Casablanca la juive: Public and Private Architecture 1912-1960 », Quest. Issues in Contemporary Jewish History, n° 19, 2021, p. 23. Traduction française par nos soins.

Cohen poursuit en relevant que les règles d'urbanisme de Casablanca étaient alors « bien plus permissives qu'en France », et décrit les trois tours imbriquées et leurs balcons en retrait superposés.

Un immeuble habité, classé A+

En mai 2023, Le360 consacre un reportage à l'ouverture au public des sous-sols devenus l'espace culturel « Chez Marius », dans le cadre des Journées du Patrimoine organisées par Casamémoire. Le reportage donne la mesure sociale du lieu :

« Ici, près de 130 appartements abritent des habitants représentant plusieurs tranches de la société, des plus riches aux moins nantis. »

Qods Chabâa et Khadija Sebbar, « Casablanca : un espace culturel dans les sous-sols de l'immeuble Assayag », Le360, 28 mai 2023.

Reportage vidéo Le360, mai 2023 — Qods Chabâa et Khadija Sebbar. Vidéo : Le360.

Deux voix de l’immeuble y parlent. Pierre Pilven, syndic : « Ils ont voté lors d’une assemblée générale du syndicat et nous ont donné, entre guillemets, carte blanche pour faire vivre le lieu. » Ahmed Idrissi Kaitouni, président du syndic : « Nous sommes une équipe de propriétaires amoureux de ce bâtiment unique. Notre objectif, au-delà de la gestion, c’est de restituer l’immeuble tel qu’il a été construit en 1930 par le grand architecte Marius Boyer. »

Le même reportage rappelle que l'immeuble « a été classé A+, la catégorie la plus élevée dans la liste du patrimoine ».

« Une œuvre d'art complète »

Un an après l'ouverture de « Chez Marius », la rubrique « Rétro-Verso » de L'Opinion revient sur l'immeuble et sur l'hommage rendu à Monique Eleb. Le quotidien y publie un entretien avec Pierre Pilven, syndic et administrateur délégué de l'immeuble :

« Construit par Marius Boyer architecte, entre 1930 et 1932, l'immeuble Assayag est l'un des trois chefs-d'œuvre de cet architecte. Cet immeuble est connu par ses volumes et ses masses et surtout par l'absence de décoration dans ses moindres détails, car il est, en lui-même, une œuvre d'art complète. »

Houda Belabd, « Rétro-Verso : L'immeuble Assayag, là où le bon vieux temps est resté figé », L'Opinion, 7 mai 2024 (entretien « 3 questions à Pierre Pilven »).

Le syndic y énumère aussi ce qui fait fonctionner l'immeuble : pas de mur mitoyen entre les appartements, un vide-ordures relié à un incinérateur, un monte-charge, un ascenseur, un escalier de secours, un parking collectif au sous-sol et trois bassins d'eau qui alimentent les châteaux d'eau couronnant chacun des escaliers et chacun des duplex. Ces points sont repris, avec leurs sources, dans notre Dossier technique.

Une note sur le décompte des étages

Les sources semblent se contredire : Rachid Andaloussi souligne qu'« à l'époque, bâtir huit étages était chose considérable », tandis que Jean-Louis Cohen écrit « ten floors ». Les deux ont raison. L'immeuble compte dix niveaux au-dessus du rez-de-chaussée : six étages d'appartements, un septième de studios, un huitième de garçonnières, de buanderies et de chambres de bonnes, puis deux niveaux de penthouses en duplex. Andaloussi compte les huit étages du corps de l'immeuble, sous les duplex des tours ; Cohen, la hauteur totale. Voir Design et Architecture.

Références

Ouvrages et travaux de recherche

  • Jean-Louis Cohen et Monique Eleb, Casablanca. Mythes et figures d'une aventure urbaine, Hazan, 1998, 478 p. (ISBN 2-85025-624-2). La monographie de référence sur la ville, fruit de douze années de recherche commune ; plusieurs fois rééditée et traduite. Monique Eleb (1945-2023), sociologue née à Casablanca, en fut la coautrice.
  • Jean-Louis Cohen, « Casablanca la juive: Public and Private Architecture 1912-1960 », Quest. Issues in Contemporary Jewish History, n° 19, 2021. Revue universitaire en accès libre ; l'Assayag y est traité p. 23.
  • MAMMA — Mémoire des Architectes Modernes Marocains, Modern Casablanca Map, 2019 (ISBN 978-9920-9339-0-2). Carte et guide de l'architecture moderne de Casablanca, publiés avec l'atelier L'Observatoire.

Presse

Notices et données ouvertes

Ressources à disposition

Pour préparer un article, un reportage ou un travail de recherche, plusieurs pages de ce site constituent un bon point de départ :

  • Histoire — le parcours de l'immeuble depuis sa construction ;
  • L'architecte — la vie et l'œuvre de Marius Boyer, figure majeure du Casablanca moderne ;
  • Design et Architecture — le vocabulaire du bâtiment, des verrières aux terrasses en gradins ;
  • Galerie — une sélection de photographies du bâtiment.

Sauf mention contraire, les photographies publiées sur ce site sont © Alex Bego / Immeuble Assayag. Toute réutilisation est soumise à autorisation préalable : n'hésitez pas à nous en faire la demande.

Contact presse

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L'immeuble étant une résidence privée habitée, les visites ne sont possibles qu'à l'occasion d'événements culturels, comme les Journées du Patrimoine. Pour toute autre demande, le formulaire de contact reste le meilleur point d'entrée : nous vous aiderons à préparer votre venue dans le respect des lieux et de leurs habitants.

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