Les ateliers de l’Assayag

L’Assayag n’a jamais été seulement un immeuble d’habitation. Dès ses premières années, il a accueilli des ateliers d’artistes et des cours. La presse de Casablanca en garde la trace : des annonces, des échos, un grand reportage. Cette page les rassemble, du plus discret au plus célèbre, et reste ouverte aux découvertes.

1935 : l’atelier de Mlle de Blonay, sculpteur

Le 27 mars 1935, La Vigie marocaine publie un écho de quelques lignes : « L’atelier de Mlle de Blonay, sculpteur, est transféré 46, avenue Poeymirau, angle Léon-l’Africain. » Le 46, avenue Poeymirau est alors l’une des adresses de l’Assayag : on la retrouve dans les annonces de ses habitants jusqu’en 1939. Et l’angle de la rue Léon l’Africain est celui où François Cogné installera son atelier moins de deux ans plus tard.

L’écho détaille le programme : « Sculpture, dessin, cours pour enfants, concours bimensuels, croquis mercredis, vendredis, de 18 à 20 heures (50 francs par mois). Réception le jeudi de 15 à 17 heures. » Un atelier-école, donc, pour les enfants comme pour les amateurs du soir.

Annonce de presse : « L’atelier de Mlle de Blonay, sculpteur, est transféré 46, avenue Poeymirau, angle Léon-l’Africain »
L’écho du 27 mars 1935, La Vigie marocaine, p. 2.

Nous ne savons presque rien d’autre de Mlle de Blonay : ni son prénom, ni ses œuvres, ni combien de temps elle est restée à l’Assayag.

1935 : Eric Audouin, ténor, des cours de chant rue de l’Horloge

Coupure de presse : « Eric Audouin, le célèbre ténor de l’Opéra, ouvre un cours de chant à Casablanca »
La Vigie marocaine, 21 mars 1935. Cliquez pour agrandir.

Le 21 mars 1935, La Vigie marocaine annonce l’installation définitive à Casablanca d’« Eric Audouin, le célèbre ténor de l’Opéra ». Le journal vante une carrière de trente et un ans et l’école qu’il a dirigée huit ans à Bruxelles, où « les directeurs des plus grandes scènes » venaient chercher leurs futurs artistes. Des chanteurs à la voix fatiguée l’y consultaient, ce qui lui avait valu le surnom de « médecin de voix ». Des raisons de santé l’ont éloigné des « brumes du Nord ».

Il enseigne la pose de la voix, la mise en scène, le répertoire français et italien, et veut monter au Maroc des opéras, des opéras-comiques et des opérettes « sans avoir à recourir aux éléments de la métropole ». On s’inscrit « de 10 heures à midi et de 2 à 4 heures, à M. Audouin, immeuble Assayag, bât. F, rue de l’Horloge ».

L’annonce paraît presque chaque jour jusqu’à la fin d’avril. À la rentrée, fin septembre 1935, Le Petit Marocain et La Vigie marocaine publient un nouvel écho : « Mme et M. Eric Audouin, immeuble Assayag, rue de l’Horloge, ont repris leurs cours de chant, pose de voix, mise en scène. » Il revient jusqu’à la mi-octobre. La rue de l’Horloge est aujourd’hui la rue Allal Ben Abdellah.

1937-1938 : François Cogné, statuaire

À l’angle de l’avenue Poeymirau et de la rue Léon l’Africain, derrière une vitrine qui ne portait qu’une carte de visite, le sculpteur François Cogné a modelé en 1937 la maquette de la statue équestre du maréchal Lyautey et les sept bas-reliefs de son socle. Le résident général Noguès est venu l’y voir le 18 février 1937, la maréchale Lyautey aussi. La statue a été inaugurée le 5 novembre 1938 devant le palais de justice de Casablanca.

Intérieur de l’atelier : deux grands dessins de bas-reliefs au mur, un autoportrait peint posé sur une table près de la fenêtre
L’atelier de François Cogné en octobre 1938 : au mur, les dessins de deux bas-reliefs du monument Lyautey. Photographie Ratel, Le Petit Marocain, 22 octobre 1938.

Son histoire est racontée dans l’article « François Cogné, le sculpteur de Lyautey au rez-de-chaussée de l’Assayag » ; les photographies et les coupures de presse sont réunies dans l’album « L’atelier de François Cogné ».

Aujourd’hui : les sous-sols

L’Assayag accueille toujours des artistes. En mai 2023, deux habitants racontaient comment les copropriétaires avaient décidé d’ouvrir les sous-sols et de les remettre en état. Pendant les Journées du patrimoine 2025, dix artistes de « Citadelle » y ont exposé leurs œuvres, à « Chez Marius ». La programmation de l’immeuble est présentée sur la page Événements et Culture.

Vous en savez plus ?

Un autre atelier, un autre cours, un autre artiste a travaillé à l’Assayag ? Si vous avez une photographie, une carte de visite, un souvenir de famille, écrivez-nous : cette page sera complétée.

Questions fréquentes

Quels artistes ont eu un atelier à l’immeuble Assayag ?

La presse des années 1930 en cite trois : la sculptrice Mlle de Blonay, installée en mars 1935 à l’angle de l’avenue Poeymirau et de la rue Léon l’Africain ; le ténor Eric Audouin, qui y donnait des cours de chant en 1935 ; le sculpteur François Cogné, qui y a préparé en 1937 la statue équestre de Lyautey.

Où se trouvaient ces ateliers ?

L’atelier de Mlle de Blonay était annoncé à l’angle de l’avenue Poeymirau, l’actuelle rue Hassan Seghir, et de la rue Léon l’Africain ; celui de François Cogné occupait une boutique du rez-de-chaussée au même angle, face à l’emplacement de l’actuelle gare routière de la CTM. Les cours d’Eric Audouin se donnaient au « bâtiment F », rue de l’Horloge.

Sources : La Vigie marocaine, 21 mars 1935 (p. 4), 27 mars 1935 (p. 2), 29 septembre 1935 (p. 2) ; Le Petit Marocain, 26 septembre 1935 (p. 2), 19 février 1937 (p. 5), 22 octobre 1938 (p. 4), 16 septembre 1939 (p. 4), consultables sur Gallica.