Il est des lieux que l’on visite, et d’autres que l’on respire. L’Immeuble Assayag appartient à la seconde famille. Derrière la silhouette de ses trois tours, dressées au cœur de Casablanca depuis 1930, l’édifice imaginé par Marius Boyer se découvre comme une promenade : une succession d’espaces où la lumière, l’air et la ville ne cessent de dialoguer.
La lumière des verrières
Tout commence par le jour. De grandes verrières éclairent les cages d’escalier et laissent la lumière naturelle circuler librement d’étage en étage. Selon l’heure, cette clarté se fait vive ou tamisée ; elle glisse le long des rampes, épouse une courbe, révèle un détail que l’on croyait connaître. Gravir un escalier de l’Assayag, c’est traverser une colonne de lumière.
Ce goût du jour capté puis redistribué est l’une des signatures du bâtiment. Les cages d’escalier n’y sont pas de simples passages : ce sont des lanternes intérieures, des respirations verticales, dont la page Design & Architecture détaille le dessin et le vocabulaire.
Les escaliers
Chaque tour en compte trois. Au centre du noyau, la circulaire : marches de marbre, main courante qui tourne d’un seul trait sur toute la hauteur, colonnes de béton autour du palier, vitrail rouge et bleu à hauteur de regard. En diagonale, deux escaliers de service en béton nu, plus étroits, à garde-corps de fer forgé, desservant chacun deux cuisines.
Le règlement de Casablanca en exigeait deux ; l’Assayag en a trois par tour. Pourquoi, et ce que cela dit du bâtiment : « L’immeuble était fait pour être évacué ».
Les buanderies du huitième étage
Tout en haut, l’immeuble a prévu des buanderies communes, alimentées en eau au huitième étage. Il en reste un bac de béton sous sa fenêtre, assez large pour deux personnes, et une planche à laver dont les cannelures sont coulées dans la masse : on ne posait pas un accessoire, on le coulait avec le reste.
Le chemin du linge depuis les cuisines et l’eau montée jusqu’au toit : « Les buanderies du huitième étage ».
Des terrasses ouvertes sur Casablanca
Sur les terrasses, la promenade change de registre. Elles s’ouvrent largement sur la ville : les toits, les rues, la lumière blanche de Casablanca à perte de vue. L’architecture cesse alors d’être un décor que l’on contemple ; elle devient un balcon tendu vers l’horizon, un lieu où l’on vient simplement prendre l’air et regarder vivre la cité.
C’est ici que le nom de cette page prend tout son sens. Après les espaces, les airs : le ciel, le vent, la rumeur de la ville qui monte jusqu’aux terrasses comme une présence familière.
Terrasses en gradins, terrasses privatives et communes, balcons qui tournent avec l’angle : l’album « Les terrasses et les balcons ».
Plus haut encore, les parapets et les couronnements des tours face à la ville : l’album « Les toits et les belvédères ».
Les sous-sols, devenus Chez Marius
Sous l’immeuble, les anciens locaux techniques — incinérateur, chaufferie, bassins d’eau — ont cessé leur service. Les copropriétaires ont voté leur remise en état, et ces salles voûtées accueillent depuis des expositions, des performances et des soirées, sous le nom de Chez Marius.
Le récit de cette ouverture : « Citadelle » et « Deux voix, mai 2023 ».
Le garage, les gaines, les circulations
L’immeuble a été conçu avec un garage en sous-sol, pour des voitures qui n’étaient pas encore celles de tout le monde — « Un parking sous l’immeuble, en 1930 ». Dans le noyau, le plan d’étage courant montre encore deux gaines hexagonales le long des salles d’eau, dont la page Dossier technique réunit ce que l’on sait.
Le sous-sol pour automobiles et son plafond de verre, vus des deux côtés : l’album « Le garage souterrain ».
Les halls d’entrée, le hall de l’escalier circulaire et les portes d’ascenseur, de la rue au cinquième étage : l’album « Les halls et les ascenseurs ».
Au-dessus du garage, la large rue qui coupe l’immeuble en deux et ses façades, avant et après leur peinture en 2026 : l’album « La rue intérieure ».
Le rythme des trois tours
Vues de la rue, les trois tours donnent à l’ensemble son tempo. Lignes qui s’élancent, courbes qui leur répondent : tout l’esprit Art déco est là, tenu par une composition d’une grande cohérence, qui a fait de l’immeuble l’une des silhouettes reconnaissables de Casablanca.
« Entre les lignes de mes plans et les courbes de mes constructions, j’ai cherché à tisser un dialogue harmonieux entre la tradition marocaine et la modernité occidentale, incarnant ainsi le pont culturel que représente Casablanca, ville d’histoire et d’avenir. »
— Marius Boyer
Les espaces en images
Chaque zone a son album. Ils s’ajoutent au fil des prises de vue : les verrières suivront.
Poursuivre la promenade
L’Immeuble Assayag demeure une résidence privée et habitée : ses espaces ne se découvrent de l’intérieur qu’à l’occasion d’événements culturels, comme les Journées du Patrimoine — les informations pratiques sont réunies sur la page Visites & Localisation. En attendant d’en pousser la porte, la galerie prolonge cette promenade en images, des verrières aux terrasses, au fil des heures et des saisons.







