Le garage souterrain

Le garage souterrain

La cour intérieure de l’Assayag n’est pas un sol : c’est le toit du garage. Dessous, un sous-sol creusé pour les voitures en 1930, dans une ville qui n’en comptait que quelques dizaines.

Le jour y descend par des dalles à pavés de verre coulées dans le béton de la cour. Trois groupes s’alignent sur l’axe ; chaque groupe est fait de quatre carrés séparés par une croix de béton, et chaque carré serti de seize blocs — cent quatre-vingt-douze pavés sur les trois groupes que montre la vue aérienne.

Cette croix n’est pas un dessin. C’est la nervure qui porte : on roule sur cette cour, et un champ vitré d’un seul tenant ne tiendrait pas la charge. D’où le découpage en quatre petites dalles, chacune travaillant entre les nervures. Et de près, on voit que chaque bloc est serti dans son propre alvéole : la charge passe par le béton, le verre ne porte rien — il ouvre seulement un passage à la lumière.

Vue d’en bas, l’installation change de nature. Le plafond se relève en caisson autour de chaque groupe, et les ébrasements renvoient le jour au lieu de le laisser tomber en quatre carrés durs. Une trouée dans une dalle devient un luminaire.

Reste le détail qui trahit l’intention : ces trouées sont placées au-dessus de l’allée centrale, pas au-dessus des places de stationnement. La lumière est donnée là où l’on circule, pas là où le métal attend.

Le calcul n’était pas seulement d’économie. Sous terre, à côté des réservoirs d’essence, chaque lampe et chaque mètre de fil est un risque ; le jour permet de tenir l’électricité au minimum là où l’étincelle est la plus dangereuse.

Enfin, on traverse : on entre par la rue Léon l’Africain et l’on ressort sur la rue Allal ben Abdallah. En 1930, avec des voitures longues et sans direction assistée, éviter la marche arrière n’est pas un détail — et la cour sert d’aire de manœuvre.

Ce que ce sous-sol représente à sa date, et ce que le mot « premier » veut dire ici : « Un parking sous l’immeuble, en 1930 ». L’ensemble des équipements : la page Dossier technique.

Photographies : Alex Bego. La vue rapprochée d’une dalle a été nettoyée numériquement — poussière et taches effacées ; l’état réel de la cour est celui de la vue dans l’axe.

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