Le tendeur de fil à linge

Le tendeur pendu à son crochet, sous la poutre de la terrasse ; en bas, le bout du fil cassé

Sur la terrasse de séchage de l'Assayag, le linge pendait à des fils d'acier accrochés aux poutres de béton. Un fil d'acier s'allonge avec le temps, au soleil et sous le poids du linge mouillé : il faut pouvoir le retendre sans le dénouer. C'est le rôle de ce petit appareil, resté pendu à son crochet alors que le fil a cédé.

Le tendeur — on dit aussi raidisseur — est fait d'une bande de fer plat pliée en boucle. Ses deux extrémités réunies forment un œil, par lequel on l'accrochait au crochet scellé dans la poutre. Entre les deux côtés de la boucle tourne un tambour : on y passait le bout du fil à linge, puis on tournait le tambour par son extrémité carrée, avec une clé ; le fil s'enroulait et la ligne se tendait.

Le verrou est la partie ingénieuse. L'autre extrémité du tambour porte une tête à quatre lobes, logée dans un trou rond plus large qu'elle et entaillé d'une encoche. La traction du fil pousse le tambour vers l'encoche ; le lobe le plus proche y tombe et bloque la rotation. On retendait donc la ligne par quarts de tour, et plus le linge était lourd, mieux le verrou tenait. Pour la détendre, on repoussait le tambour contre la traction.

L'objet ne se date pas par lui-même : ce modèle de tendeur a servi pendant des décennies, pour les clôtures comme pour les fils à linge. Le crochet scellé dans le béton et la rouille disent un long service ; l'âge exact reste à établir. Le récit des buanderies et de la terrasse est dans l'article « Les buanderies du huitième étage » ; cet album fait partie de l'inventaire Le détail Art déco, famille « Équipements ».

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